Jean Moulin - Artiste, Préfet, Résistant...

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Jean Moulin, grand homme unificateur de la Résistance, premier président du Condeil National de la Résistance, incarne le héros par excellence, et nombreux sont ceux qui lui ont rendu hommage et se revendiquent encore de ses idées et de ses valeurs. La famille encourage ces hommages, mais veille à ce que son nom, son image et sa mémoire ne soient pas utilisés par des associations politiques ou partisannes. Jean Moulin n'a en effet jamais été membre d'aucun parti politique. Dans son action d'unification de la Résistance, il se plaçait lui-même au-dessus des partis, ramenant à la raison ses interlocuteurs réticents en leur disant : « Messieurs, au-dessus de nos divisions, il y a la France ! ».

Nous précisons aussi que, contrairement à son père, il n'a jamais été franc-maçon.


 


La Résistance entre au Panthéon

Le transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon lors d’une cérémonie émouvante et grandiose, télévisée, en présence du président de la République, le général de Gaulle, la famille de Jean Moulin, le gouvernement, les Compagnons de la Libération, le 19 décembre 1964 est l’acte de baptème du héros. L’oraison funèbre d’André Malraux, alors ministre de la Culture, Comme Leclerc entra aux Invalides, entre ici Jean Moulin... a fait véritablement entrer Jean Moulin dans la mémoire des Français.

Héros reconnu dès 1945

Cependant, il n’a pas été le Résistant oublié qu’on a voulu faire croire après la guerre. De 1945 à 1964, Jean Moulin est largement présent dans la mémoire nationale et locale. Des exemples illustrent bien cette présence dans la Mémoire.Toutes les villes sous-préfectures et préfectures où Jean Moulin a été en poste en ont commémoré le souvenir par une plaque. Les présidents de la République successifs n’ont pas été en reste. Quelques exemples illustrent bien ce souvenir.


Le 27 mai 1945, le général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire, dévoile la plaque à la mémoire du président du Conseil de la Résistance au 48 de la rue du Four (6ème).

En 1946, le nom de Jean Moulin est attribué à un modeste square près de cimetière de Montrouge, à la porte de Chatillon.


Le 6 octobre 1946, Georges Bidault, successeur de Jean Moulin à la tête du Conseil national de la Résistance, alors qu'il préside le Gouvernement provisoire de la République française, inaugure une plaque à Béziers, sur la maison natale de Jean Moulin.


En 1947, bien que retiré du pouvoir, le général de Gaulle préface le journal de Jean Moulin publié aux Editions de Minuit par Laure sa sœur, sous le titre Premier Combat et le 26 mars 1958, il dévoile la plaque au 26 rue des Plantes (14ème) où Moulin loua un studio. De retour au pouvoir, le général de Gaulle faisant un voyage dans le sud se recueille devant le monument honorant le martyr de Moulin au plateau des poètes à Béziers, en février 1960.


Le 26 novembre 1947, Vincent Auriol, président de la République, inaugure la stèle au Ministère de l’Air pour honorer le chef du cabinet de Pierre Cot et l’année suivante, le 26 avril 1948, au ministère de l’Intérieur pour honorer le préfet.



En 1948, à Chartres, un monument en hommage à Jean Moulin est inauguré grâce à une souscription publique. Réalisé par Marcel Courbier sur les plans de l'architecte Michel Maunoury, le monument représente un poing crispé sur un glaive brisé. La statue, faite de granit rose, immortalise l'action de Jean Moulin. Un parterre de roses baptisées "Résurrection" ou "Roses de la déportation", rouge magenta et rose, créées par Michel Kriloff et dédiées aux femmes déportées à Ravensbrück, entoure le monument. Le 10ème anniversaire de la Libération à Chartres est l’objet d’un double hommage à Jean Moulin et aux FFI, présidé par le président de la République, René Coty, le président du Conseil Laniel, le général Koenig.


Le 14 janvier 1951, un monument, œuvre du sculpteur Marcel Courbier, est inauguré lors d’une cérémonie officielle au plateau des poètes, un jardin du centre-ville de Béziers. Cet ensemble monumental en calcaire blanc est dédié à Jean Moulin, enfant de Béziers, mais également à toute la Résistance et à ses martyrs.

Référence et figure emblématique de la Résistance

Le Club Jean Moulin est fondé en juillet 1958 par Daniel Cordier et Stefan Hessel pour défendre la République en pleine guerre d’Algérie.


En 1961, Bernard Bermond, fort de l'amitié et du soutien de Laure Moulin, fonde à Salon-de-Provence, le Comité Régional du Mémorial Jean Moulin. Le Général de Gaulle, fait unique, en accepte la présidence d'Honneur et lui accorde son Haut Patronage. Le 28 septembre 1969, en présence des plus hautes autorités civiles et militaires françaises et étrangères, Jacques Chaban-Delmas, alors Premier Ministre, inaugure officiellement le Mémorial Jean-Moulin, du sculpteur Marcel Courbier, considéré comme le plus beau de tous les monuments érigés à la mémoire du courageux Préfet de Chartres.


En 1967, Jacques Chaban-Delmas, Compagnon de la Libération et délégué militaire de la Libération, crée à Bordeaux le Centre National Jean Moulin qui fait à la fois office de centre de documentation et de musée de la Seconde Guerre mondiale.

Les villes ou lieux où le résistant a œuvré n’ont pas manqué d’honorer sa mémoire. Ainsi à Lyon, un quai du Rhône est dès 1947 baptisé du nom de Jean Moulin, dont la mémoire est également honorée dans la cour intérieure de l’Hôtel de Ville où une stèle rappelle que les principaux mouvements de Résistance s’unirent sous l’impulsion de Jean Moulin. Les autres lieux fréquentés par Jean Moulin à Lyon ne sont pas matérialisés (il est vrai qu’il se déplaçait beaucoup) mis à part un immeuble situé rue Victor Hugo (2ème arrondissement) qui porte une plaque rappelant que Moulin y rencontrait le général Delestraint. Par ailleurs, une dalle située et inaugurée en 1987 est également dédiée à la mémoire de Jean Moulin et d’André Lassagne, arrêté en même temps que lui.


À Caluire, c’est autour du lieu de son arrestation (la maison du Docteur Dugoujon) que s’organisent les différentes commémorations dédiées à Jean Moulin. Une plaque est apposée sur la maison en décembre 1946 puis, en juin 1973 pour le trentième anniversaire de son arrestation, est érigé un monument dû au sculpteur Georges Salendre et représentant un homme couché. L’inauguration a lieu en présence de Laure Moulin et de Louis Pradel, alors Maire de Lyon. La maison du Docteur Dugoujon a été réhabilitée afin d’en faire un mémorial ouvert au public.

En 1981, après son élection, François Miterrand, au Panthéon, dépose symboliquement une rose sur les tombeaux de Victor Schoelcher, Jean Jaurès et Jean Moulin.


Le 19 juin 1983, une stèle, du sculpteur Guy Pavec, est inaugurée à Châteaulin à l'occasion du 40ème anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance et de la disparition de son fondateur.


En 1984, au Rond-poind des Champs Élysées, dans le 8ème arrondissement de Paris, est érigé un nouveau monument du sclupteur Georges Jeanclos. Les cinq bronzes qui le composent illustrent Les Larmes, Le Murmure de la Résistance, L'emprisonnement muet, La disparition et La Renaissance.


Le 17 juin 1990 un monument est inauguré au lieu-dit La Taye sur la commune de Saint-Georges-sur-Eure pour commémorer le premier acte de Résistance de Jean Moulin. Réalisé par le maître-verrier J. Loire et intitulé « Porte ouverte sur... ». On peut y lire l’inscription « Jean Moulin, préfet d’Eure-et-Loir, soumis ici aux plus cruels sévices, refusa le 17 juin de déshonorer l’Armée française ».


Une fresque dédiée à Jean Moulin et réalisée par l’atelier A. Fresco a été inaugurée le 26 mai 2012 à Saint-Andiol. Le visage du préfet-Résistant et le parachutage dans les Alpilles y sont représentés ainsi qu’une carte de la Provence présentant l’itinéraire de la route Jean Moulin et les différents lieux liés à sa mémoire. Marquant le lien indéfectible de Jean Moulin à la commune, on peut y lire l’inscription « Saint-Andiol carrefour de l’histoire ».

Il est aussi intéressant de constater que des villes non concernées directement ont rappelé son souvenir. En 1995, Serge Barcelleni et Annette Wieviorka ont recensé 37 monuments, 113 plaques, 1 000 rues. Il y a aujourd’hui plus de 365 établissements scolaires.

Figure éponyme de la Résistance, Jean Moulin cristallise autour de sa mémoire de nombreuses passions et polémiques, les circonstances de son arrestation ont donné lieu à très nombreuses extrapolations, souvent fantaisistes, tout comme ses appartenances supposées à tel ou tel courant politique.

Les très nombreux travaux d’historiens sur Jean Moulin ont cependant permis de lever les interrogations qui pouvaient demeurer sur la vie et l’action de Jean Moulin. Il reste une figure attachante, souvent brandie comme un emblème politique par les défenseurs des idéaux républicains.

Le 19 décembre 1964, Jean Moulin entre au Panthéon


André Malraux, le 19 décembre 1964.
Texte du discours d'André Malraux, le 19 décembre 1964 au Panthéon.
Roger Joly, le 17 juin 2012.
Texte de l'hommage à Jean Moulin prononcé par M. Roger Joly, Président de l'Association Nationale des Amis de Jean Moulin, Président de la Fédération Nationale des Déportés et Internés de la Résistance, Commandeur de la Légion d'Honneur, le 17 juin 2012 au Panthéon.
Paul Bernard, le 21 juin 2013.
Texte de l'hommage à Jean Moulin prononcé par M. Paul Bernard, préfet de la région Languedoc-Roussillon, le 21 Juin 2013 à la préfecture de l’Hérault à Montpellier.


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