Jean Moulin - Artiste, Préfet, Résistant...
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Sous-secrétariat d'État aux Affaires étrangères

  • Du 18 décembre 1932 au 28 janvier 1933

Le 18 décembre 1932, sous le gouvernement de Paul-Boncour, Pierre Cot est nommé sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères. Avec l'accord de Charles Daniélou, il appelle auprès de lui, au poste de chef-adjoint de Cabinet, Jean Moulin qui est alors sous-préfet de Châteaulin.

Étant donné l'instabilité des ministères, Cot et Daniélou avaient décidé de le charger de mission en lui conservant son poste de Châteaulin. Ainsi, après la chute du gouvernement Paul-Boncour le 28 janvier 1933, et à l'expiration de ses congés, il peut rejoindre son poste de Châteaulin le 10 février.

Le 31 janvier, Édouard Daladier constitue un nouveau gouvernement radical-socialiste et Pierre Cot passe des Affaires étrangères à l'Air.

Ministère de l'Air

  • Du 1er octobre 1933 au 7 février 1934

Un ministère de l’air est créé en 1928. Son objectif est de coordonner deux activités régaliennes en plein essor - l’aéronautique militaire et l’aviation civile - et d’entériner la création de l’armée de l’air. Supprimé en février 1932, il est rétabli en juin 1933 et confié à Pierre Cot.

Pour ne pas mécontenter Charles Daniélou qui souhaite son retour dans le Finistère, Jean Moulin décline l'offre que lui faire Pierre Cot de le rejoindre dans son cabinet. Il accepte toutefois une mission ponctuelle au Maroc qui lui permet de passer quelques jours à Casablanca chez ses cousins Picanon avec lesquels il visite Marrakech dont l'exotisme et l'architecture l'enchantent.

Le 18 mai 1933, Jean Moulin est nommé sous-préfet de Thonon-les-Bains, ce qui le libère de ses engagements bretons. Dès le 17 juillet, Pierre Cot le sollicite à nouveau et sa nomination est finalement actée par décret du 1er octobre.

Air France et l'Armée de l'Air

Le ministère de l'Air de Pierre Cot réorganise l'aéronautique civile autour de la compagnie nationale Air France fondée le 7 octobre 1933. Pierre Cot et Jean Moulin sont également les principaux artisans de la loi du 2 juillet 1934 fixant l'organisation générale de l'armée de l'Air.

La Cité de l'Air et la crise du 6 février 1934

Le 7 février 1934, suite à la crise du 6 février, Pierre Cot et Jean Moulin quittent le ministère de l'Air. Dans la nuit, ils se sont installés à la Cité de l'Air, Boulevard Victor, dans les nouveaux locaux du ministère dont ils voulaient prendre possession avant de tomber. Ils rejoignent Thonon-les-Bains où Jean Moulin est toujours officiellement titulaire du poste de sous-préfet, puis partent se reposer quelques jours au Tyrol au cours de longues randonnées à ski.

  • Du 4 juin 1936 au 14 janvier 1938

    Pierre Cot est rappelé au ministère de l'Air dans les gouvernements du Front populaire :

  • Léon Blum I (4 juin 36 - 29 juin 37),
  • Camille Chautemps III (29 juin 37 - 14 janvier 38).
Les grèves "sur le tas"

L'accession au pouvoir du Front populaire coïncide avec une période de grande effervescence sociale et les grèves éclatent partout dans l'industrie avec occupation d'usines. D'après le docteur Mans, c'est Jean Moulin qui eut à régler les nombreux conflits ouvriers de l'époque dans l'industrie aéronautique. Le 18 juin 1936 il écrit à ses parents :

À l'heure actuelles, dans le domaine de l'aviation, tout au moins, toutes les grèves sont terminées et l'on peut songer aux problèmes généraux.

Les nationalisations

Parmi ces problèmes, ils doivent régler celui du manque de productivité de l'industrie aéronautique. Les prototypes d'avions ne répondent pas au cahier des charges et ils sont déjà obsolètes lorsqu'ils arrivent en production. Pour rationaliser la production, le ministère décide de nationaliser les deux-tiers de l'industrie aéronautique. Ainsi par la loi du 11 août 1936, le gouvernement français réunit les usines et bureaux d'études de plusieurs entreprises privées au sein de six entreprises d'État sous le statut de sociétés anonymes d'économie mixte dont l'État détient deux tiers des actions.

L'Aviation populaire

Après le manque d'avions, c'est le manque de pilotes qui préoccupe le ministère. Le pilotage est en effet jusque-là réservé à quelques élites intellectuelles et financières. Avec l’aide de Jean Zay, ministre de l’Éducation Nationale, il présente un programme visant à répandre l’aviation auprès du plus grand nombre. Jean Moulin expose l'objectif de l'Aviation populaire dans un article publié dans le numéro spécial de la revue Vu du 14 novembre 1936. L'aviateur Sadi-Lecointe est chargé d'organiser les écoles de l'Aviation populaire.

Raids et records

Jean Moulin est en rapport constant avec les as de notre aviation. En octobre 33, il participe à l'organisation de la "Croisière noire" qui s'envole d'Istres le 7 novembre pour Bangui. En 1936, il facilite le raid de Maryse Bastié qui s'envole de Dakar, le 30 décembre, à bord de son petit Caudron-Simoun. Elle atterri à Natal, au Brésil, en pulvérisant le record de vitesse sur cette traversée. Pour son retour, Jean Moulin doit intervenir, Air France lui ayant refusé l'accès à bord de l'un de ses avions. C'est lui qui l'accueille officiellement à son arrivée au Bourget. Par décret du 27 février 37, à la demande du ministre de l'Air, elle est élevée au grade d'Officier de la Légion d'Honneur. Ce même décret nomme jean Moulin Chevalier de ce même Ordre. Dans le courant de l'été 37, Jean Moulin accueille à nouveau Maryse Bastié qui revient d'un raid dans les pays de l'Est en compagnie de sa coéquipière Suzanne Tillier.

L'épreuve la plus importante dont Jean Moulin eut à s'occuper fut la course Istres-Damas-Le Bourget. Cette course fut dominée par les italiens qui y avaient engagé 8 appareils et ravirent les 3 premières places. Il était ennuyé d'avoir à féliciter à leur arrivée des équipages de l'Italie fasciste parmi lesquels se trouvait le jeune Bruno Mussolini.

L'aide à la République espagnole

A la veille des événements d'Espagne, Jean Moulin, avec une grande lucidité, expose la situation internationale à son ami Antonin Mans :

Voici ce qui se passera. Franco va débarquer en Espagne et, avec des complicités intérieures, il entreprendra la conquête du pays. Les Républicains se défendront pied à pied. Sans aide extérieure, l'aventure de Franco serait assez hasardeuse. Mais il aura le concours des puissances fascistes, d'abord l'Italie, puis l'Allemagne. Elles lui fourniront des armes et des avions et même des hommes, le tout en nombre substantiel.

Si les pays démocratiques et nous-mêmes ne portons pas immédiatement secours aux Républicains espagnols, avec des moyens suffisants, malgré leur résistance héroïque et l'aide lointaine de la Russie, ils ne tarderont pas à être écrasés. Le fascisme Franquiste s'installera « Tra los montes ».

Les dictateurs, grisés par ce succès, qui leur assurera un inestimable bastion en Méditerranée, poursuivront de plus belle leur politique d'agression, Hitler surtout. Il s'attaquera à l'Autriche, à la Pologne, à la Tchécoslovaquie, et ce sera ensuite notre tour d'être menacés.

Nous devons aider les Républicains espagnols si nous ne voulons pas courir à une catastrophe.

Au conseil des ministres du 2 août 1936, Léon Blum se déclare favorable à l'aide au gouvernement espagnol. Pierre Cot et Jean Moulin se hâtent d'envoyer aux Républicains espagnols une cinquantaine d'avions ce qui leur permet d'assurer la première défense de Madrid. Mais sous la pression d'Yvon Delbos, à la séance du 8 août, le gouvernement décide de se rallier à la politique anglaise de non-intervention.

Le ministère de l'Air est contraint de s'y plier officiellement, mais Jean Moulin est chargé de faire, en faveur de la République espagnole, tout ce que le pacte de non-intervention ne défend pas expressément. C'est ainsi que d'autres avions sont encore livrés par des voies détournées. Ce sont en majorité des avions militaires déclassés ou des avions civils que les Républicains espagnols se chargent de transformer, comme ils le peuvent, en avions de combat.

Jean Moulin, avec l'aide de son amie l'aviatrice Adrienne Bolland et de son mari Ernest Vinchon, organise également le recrutement de pilotes et notamment ceux de l'escadrille España dirigée par André Malraux.

Ministère du Commerce

  • Du 18 janvier 1938 au 8 avril 1938

Après la chute de son gouvernement, le 14 janvier 1938, Camille Chautemps est chargé d'en constituer un nouveau. Dans ce gouvernement, Pierre Cot passe, avec son chef de Cabinet Jean Moulin, et pour 80 jours, du ministère de l'Air à celui du Commerce.

Ces intermèdes ministériels terminés, Jean Moulin reprend son poste de préfet à Rodez le 1er juin 1938.


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