Jean Moulin - Artiste, Préfet, Résistant...

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A partir de 1938, très pris par ses activités professionnelles, Jean Moulin ne réalise plus d'œuvres complexes, eaux-fortes ou pastels. Mais il a toujours sur lui un carnet à dessins. Ceci participe d'ailleurs à ses couvertures de Résistant : marchand de tableaux ou artiste.

Le dessin et la lecture, notamment de poésies, sont ses exutoires jusqu'au dernier jour. Entre 1940 et 1943, il croque notamment Marseille, Lisbonne, Lyon... A-t-il dessiné à Londres ? Nous n'en n'avons pas trace.

Son dernier dessin, il le dédie à son bourreau, Klaus Barbie qui, au cours d'un interrogatoire, voulant obtenir des noms et des adresses, lui tend un crayon et du papier. Jean Moulin fait mine d'acquiescer. Il griffonne un instant et rend le papier à Barbie qui le lui arrache des mains avant d'éclater de fureur en y découvrant sa propre caricature.


 

En 1942 et 1943 toujours entre couverture et exutoire, l'art contemporain est un sujet de conversation fréquent entre Jean Moulin et son jeune secrétaire Daniel Cordier. Ce sont en effet des conversations propres à tromper, dans les lieux publics, toute oreille indiscrète. C'est ainsi que Jean Moulin initie à l'art contemporain son secrétaire qui deviendra, après guerre, collectionneur et marchand d'art. Le soir du 27 mai, après avoir présidé à Paris la première réunion du Conseil National de la Résistance, Jean Moulin fixe rendez-vous à son secrétaire Daniel Cordier dans une galerie de l'Île de la Cité où il lui fait l'éloge des toiles de Kandinsky. Puis, au dîner, il lui offre un livre de Christian Zervos paru en 1938 : Histoire de l'art contemporain. Daniel Cordier a toujours conservé cet ouvrage.


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